jeudi 15 janvier 2009

LA PALESTINE EN CRISE...



















Famille palestinienne blessée par un bombardement israélien sur le camps de réfugiés de Beit Lahiya au nord de la bande de Gaza -




C’est horrible ici. Aujourd’hui ça a été le pire. Il y avait beaucoup de F-16 au-dessus de nous et du phosphore blanc tombait du ciel.
Je n’ai pas dormi la nuit dernière. Le son des tirs d’obus dans le nord et à l’est nous a tous empêchés de dormir.
Le plus souvent, nous n’avons pas d’électricité dans ma maison. Quand il y en a pendant une heure ou deux, tout la famille s’affaire. Nous chargeons nos téléphones mobiles, nous pompons de l’eau, nous cuisons du pain. Mais j’ai vu des choses tellement horribles à la télévision que parfois je souhaiterais que nous n’ayons pas d’électricité. Jusqu’ici ma famille va bien, mais j’hésite à parler de ma famille car tout le monde à Gaza est ma famille. Nous souffrons collectivement et nous sommes punis et oubliés collectivement et nous sommes en train de mourir.
C’est très dangereux ici et partout à Gaza. A cinq heures de l’après-midi les rues sont vides. Personne ne sort de chez soi dans mon quartier. Mais même dans nos maisons, nous ne sommes pas à l’abri. Je jure que parfois ça sent la mort autour de nous.
Ce n’est pas vrai que c’est une guerre entre le Hamas et Israël. J’en suis témoin à Gaza et bien que vous puissiez penser que Gaza est un pays et que le Hamas est une grande et puissante armée, ce sont des mensonges. Les factions palestiniennes n’ont pas de tanks, d’avions de combat, de bateaux de guerre. Elles ont des roquettes artisanales, de simples armes. Elles ne peuvent rien faire contre la grande puissante armée israélienne.
Nous vivons sous un siège complet et tous les jours des gens se font tuer, nos maisons sont détruites. Hamas et les autres factions palestiniennes essaient de défendre les Palestiniens contre les massacres, les invasions et les frappes aériennes constantes. L’occupation et les actions israéliennes à Gaza sont des actes terroristes comme ils le sont depuis la campagne de nettoyage ethnique de 1948.

Les forces terrestres israéliennes ont déjà gagné les villes de Gaza et de plus en plus de civils se font tuer : il est plus que temps d’en finir avec cette guerre. Avec plus de 300 000 signatures recueillies — dont les vôtres — pour exiger un cessez-le-feu, notre momentum s’accroît. Nous avons déjà contacté plusieurs leaders de la communauté internationale et des initiatives pour un cessez-le-feu commencent à émerger. Mais cette violence est sans fin et les États-Unis bloquent effrontément un accord de cessez-le-feu juste et équitable aux Nations unies. Nous avons besoin de provoquer un véritable soulèvement, plus grand encore que le mouvement érigé jusqu’à présent, pour demander des rencontres en face-à-face et ainsi remettre la pétition en mains propres au Conseil de sécurité et publier une annonce dans un journal influent comme le Washington Post avant que Barack Obama ne prenne le pouvoir. Plus nombreux nous serons à signer la campagne, plus fortes seront nos voix. Si vous ne l’avez pas déjà fait, nous vous serions très reconnaissants de prendre un peu de temps pour signer la pétition et faire suivre ce courriel à vos parents et amis et à tous ceux qui pourraient être intéressés par cette campagne Obtenir un demi-million de signatures cette semaine aurait un plus grand impact encore. Merci ! http://www.avaaz.org/fr/gaza_time_for_peace/



Montréal, le 5 janvier 2009

Invitation à un souper souverainiste

Ami (e) souverainiste

Joignez-vous à Pauline Marois, Gilles Duceppe, Amir Khadir, Françoise David, Gérald Larose, Paul Piché, etc. Venez rencontrer les membres de la grande famille souverainiste.

Vous étiez des nôtres le 3 mai dernier. Ce fut chaleureux, stimulant et gratifiant pour tous ceux et toutes celles qui oeuvrent bénévolement au Conseil de la souveraineté du Québec. Les sommes recueillies nous ont permis de renouveler le site WEB du Conseil que vous retrouverez à www.souverainete.info.

Reste maintenant à déployer son plan d’action : production et diffusion de nouveaux argumentaires, production et diffusion de nouveaux panneaux-balcons en concertation avec les grandes organisations, transformation du CSQ en Conseil des partenaires de la souveraineté, recrutement et coordination des bénévoles etc. Ces chantiers sont ouverts. Plus de ressources facilitera grandement leur réalisation.

Le Conseil organise un deuxième souper spaghetti souverainiste, samedi le 21 février 2009, à 18 heures, au Collège de Maisonneuve, 3800 Sherbrooke Est. Musique et interventions agrémenteront l’événement.

Le Conseil souhaite vivement que votre organisation participe à sa levée de fonds en réservant une table de 8 personnes au coût de 200.00$. Il vous est possible aussi de réserver des billets individuels au coût de 25,00$.

Pour vous procurer des billets, laissez un message sur la boîte vocale du Conseil (514-303-6561) et faites parvenir votre chèque, avant le 15 février 2009, à l’attention du Conseil de la souveraineté du Québec, 2639 rue Beauclerck, Montréal, H1N 3J4.

Militant tous et toutes à l’intérieur d’organisations spécifiques, les occasions de nous retrouver ensemble ne sont pas si nombreuses. Lorsque ça se présente nous éprouvons toujours un grand plaisir à partager ce moment de solidarité. C’est ce que le Conseil vous offrira ce samedi, 21 février 2009. Il compte sur vous !

Salutations amicales, chaleureuses et souveraines.

Jean-Marie Gauthier
jmg@souverainete.info


Visitez le site du Conseil de la Souveraineté du Québec
www.souverainete.info

dimanche 2 novembre 2008




Chaque fois qu’il est question de la situation du français au Québec, les adversaires de la Charte de la langue française recourent régulièrement aux mêmes mythes visant à faire croire que le combat pour faire du français la langue commune des Québécois est une affaire classée. Cela ne date pas d’hier. À l’approche du congrès national 2000, ces mythes ont recommencé à se faire entendre. Les voici :
1- « Les transferts linguistiques des allophones se font majoritairement vers le français.» - FAUX
Au total, l’ensemble des transferts linguistiques vers le français au Québec demeure toujours bien en dessous de ce qu’il devrait être compte tenu du poids démographique des francophones : 40 % pour l’ensemble du Québec, mais seulement 25 % sur l’île de Montréal. Pour parvenir à maintenir leur poids démographique, les francophones du Québec devraient obtenir au moins 80 % des transferts linguistiques, et 90 % s’ils veulent maintenir leur poids relatif par rapport aux anglophones. Dans le reste du Canada, les allophones optent pour l’anglais, langue majoritaire, dans une proportion de 99,6 %.
Transferts linguistiques chez les allophones pour l’ensemble du Québec

2- «Les nouveaux arrivants se francisent massivement.» - FAUX

Les données sur les nouveaux arrivants ne constituent qu’un très petit nombre d’individus, car les transferts linguistiques se font généralement au fil des générations. Par contre, les allophones nés au Québec font davantage de transferts linguistiques et s’anglicisent de plus en plus massivement : en 1971, 32 % optaient pour le français et seulement 25 % en 1996. C’est pourquoi les transferts pour l’ensemble des allophones ont très peu augmenté.
Toutefois, la hausse apparente des transferts linguistiques vers le français parmi les nouveaux arrivants est en relation directe avec une augmentation de l’immigration de «francotropes», c’est-à-dire de citoyens originaires de pays francophones ou de langue maternelle latine, souvent déjà francisés avant leur arrivée.
L’augmentation des transferts en direction du français de ces derniers a été observée dès 1976 (54 %], soit avant l’établissement de la loi 101, en concordance avec l’augmentation des «francotropes». La progression enregistrée jusqu’en 1986 (69 %) a légèrement régressé par la suite (67 % en 1996). Cela implique que la majeure partie de l’augmentation des transferts vers le français résulte davantage de l’arrivée plus nombreuse de gens déjà francisés que d’un réel progrès du pouvoir d’attraction du français au Québec.

3- « Il n’y a pas de problème parce que la proportion de francophones selon la langue d’usage à la maison a augmenté légèrement depuis 1971.» - FAUX

La légère augmentation de l’usage du français à la maison observée jusqu’en 1991, au Québec, est principalement tributaire des départs nombreux des anglophones (environ 400 000 entre 1966 et 1996). Si cette migration ne s’était pas produite, la proportion de francophones n’aurait été que de 77,7 % au lieu de 82,8 % (dernier recensement de 1996).
En outre, les dernières prévisions démographiques (1999) commandées par le Conseil de la langue française font état d’une minorisation inéluctable des francophones de toute origine sur l’île de Montréal d’ici environ 20 ans. Conséquemment, cette minorisation ferait passer la proportion de francophones, au Québec, sous la barre des 80 % . Selon son auteur, ces prévisions ont été obtenues à partir d’hypothèses «systématiquement et - parfois outrancièrement - biaisées en faveur du français».
Il arrive à ce scénario en considérant que l’immigration se maintiendrait à son niveau actuel, soit environ 32 000 immigrants par année (voir graphique]. Dans l’éventualité où l’immigration était augmentée à 50 000 personnes, niveau en vigueur sous le Parti Libéral du Québec, l’hypothèse de son étude précédente (1996) s’appliquerait, soit une minorisation précipitée des francophones sur l’île de Montréal d’ici cinq à dix ans.
Langue parlée à la maison sur l’île de Montréal
4- « La minorisation des francophones sur l’île de Montréal n’a pas d’importance puisque des milliers de banlieusards francophones viennent y travailler tout les jours. » - FAUX
Une étude du chercheur Pierre Serré (1999) a démontré que la présence quotidienne de ces banlieusards n’empêche pas que, dès que les francophones constituent moins de 80 % de la population d’un quartier montréalais, le solde des transferts linguistiques s’orientent massivement vers l’anglais. L’île de Montréal reçoit la presque totalité des nouveaux arrivants, et assume donc l’intégration des allophones pour l’ensemble du Québec. C’est pourquoi le sort du français se joue à Montréal. La population de l’île de Montréal représente environ 25% de la population totale du Québec.

5- « L’île de Montréal est constituée de 80 % de francophones. » - FAUX

C’est ce que déclarait récemment le maire de Montréal, et même certains journalistes. Le pourcentage de 80 % fait référence aux personnes ayant déclaré, au recensement de Statistique Canada, être capable de soutenir une conversation en français. Cette proportion diminue de moitié lorsque une question plus précise porte sur la capacité de soutenir une conversation assez longue sur divers sujets. Avoir une connaissance relative du français est une chose, l’utiliser couramment en est une autre. Comme l’estiment l’ensemble des démographes et des chercheurs, la langue d’usage à la maison est un indicateur plus significatif que la langue utilisée au dépanneur. Selon la langue d’usage à la maison, la proportion de francophones (de toutes origines) sur l’î1e de Montréal n’est que de 55,6%.

6- « Le déclin du français sur l’île de Montréal est dû à l’exode des francophones vers la banlieue. » - FAUX

Entre 1966 et 1991, l’île de Montréal a perdu une proportion plus considérable de sa population anglo- phone que de sa population francophone. Malgré cela, pendant cette même période, la proportion de l’effectif anglophone est demeurée à peu près stable (diminution de 0,1 %], cependant que la proportion de francophones chutait de 2,9 %. Le déclin du français relativement à l’anglais s’explique donc plutôt par un pouvoir d’attraction de l’anglais nettement supérieur chez les allophones (et dans une moindre proportion chez les francophones).

7- « Les francophones du Québec ne se font pas assimiler. » - FAUX

Au Québec, il y a assimilation partout où les francophones se retrouvent en minorité. Par exemple, dans le Pontiac, en Outaouais, le taux d’assimilation des francophones, toujours en hausse, atteignait 10 % en 1991 . Dans la partie sud de l’Ouest de l’î1e de Montréal, le taux était de 18% ! soit 10% de plus que celui des Acadiens du Nouveau-Brunswick. D’autres quartiers montréalais font également piètre figure. Dans LaSalle, par exemple, où les francophones constituent 45% de la population, le taux d’assimilation de ces derniers est de 8%.

8- « La loi 86 concerne uniquement la réglementation sur l’affichage commercial. » - FAUX

Contrairement à une fausse perception qui circule dans les médias, une infime partie des dispositions de la loi 86 concerne l’affichage. Au moment de son adoption en 1993, la loi 86 a amendé 84 articles de la loi 101 . De ce nombre seulement 3 amendements concernaient l’affichaqe commercial. Dans les faits, la loi 86 a bilinguisé de grands pans de l’État du Québec et de nos milieux de vie.

9- « La loi 101 n’a été établie que pour faire du français la langue d’usage public. » - FAUX

Le Livre blanc, à l’origine de la loi 101, débutait en faisant état des études démographiques démontrant que : « Si l’évolution démographique du Québec se maintient, les Québécois francophones seront de moins en moins nombreux.» « Devant ces prévisions, comment n’aurait-on pas pensé que pour l’avenir linguistique du Québec, il fallait orienter les options linguistiques des immigrants ? » (Énoncé de politique, p. 6). Pour défendre des articles de la loi 101, Camille Laurin a fréquemment invoqué le facteur des transferts linguistiques. Bien qu’il soit évident que la loi 101 ne vise pas à régir l’utilisation de la langue dans les foyers, il n’est nullement excessif d’avoir comme objectif d’assurer le maintien du poids démographique des francophones en augmentant le pouvoir d’attraction du français chez les citoyens qui effectuent normalement des transferts linguistiques.

10- « Si 23 ans d’application de la loi 101 n’ont pas suffit à assurer la survie du français au Québec, il n’y a rien à faire. » - FAUX

La loi 101 a été largement affaiblie par la Cour suprême du Canada, notamment sous l’effet de la Constitution de I982, et sous l’effet des groupes de pression anglophones financés par Ottawa, à même nos impôts. Mais dans ce domaine vital pour le peuple québécois, plus que dans tout autre, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir tant que nous sommes à l’intérieur du carcan fédéral.
Il est donc urgent d’établir des mesures d’aménagement linguistique réellement susceptibles de renforcer le pouvoir d’attraction de la langue officielle au Québec. L’établissement du plus large consensus possible par le biais d’États généraux sur la langue française est essentiel pour susciter la mobilisation de l’ensemble des citoyens en vue de faire du français la véritable langue commune au Québec.
Un ensemble de mesures devra être mis en place, tels des services de francisation plus accessibles et efficaces, des mesures d’aménagement visant à favoriser l’usage du français dans les milieux de travail, ainsi que la « débilinguisation » des institutions publiques, une politique de la population, une politique d’immigration favorisant davantage la connaissance du français, ainsi que des mesures visant à réduire l’étalement urbain. L’application de la loi 101 au cégep nous apparaît essentielle parce qu’il s’agit de la seule mesure qui permettrait d’augmenter directement le pouvoir d’intégration de la langue française, comme ce fut le cas pour les dispositions scolaires de la loi 101 .
Les seuls progrès substantiels de la force d’attraction de la langue française se retrouvent chez les jeunes immigrants allophones, effectuant davantage de transferts vers le français que nul autre partie de la population. Ces progrès seraient directement tributaires de la scolarisation obligatoire en français pour les nouveaux arrivants introduite par la loi 101. Cependant, ces progrès sont limités car la proportion des dits «enfants de la loi 101» qui effectuent des transferts linguistiques demeure restreinte. En 1991, seulement 22 % de l’ensemble des allophones arrivés entre O et 14 ans ont effectué des transferts vers le français.
Pourcentage des étudiants allophones ayant étudié en français au secondaire inscrits au cégep anglophone

Par contre, c’est au cégep que la langue d’intégration va prendre un tournant plus décisif chez les jeunes : en 1997, 87 % des allophones inscrits au cégep avaient adopté une autre langue que leur langue maternelle, mais ils étaient beaucoup moins nombreux que les moins de 15 ans à choisir le français ( seulement 46,8 % en 1997 ). Et la propension des étudiants allophones à choisir le cégep anglais augmente peu importe leur passage par l’école secondaire francophone ou anglophone. Parmi ceux qui sont allés à l’école secondaire francophone, le choix du cégep français est passé de 64 % en 1994, à 57% en 1998.

samedi 18 octobre 2008


(Québec)


Le message de Nicolas Sarkozy à Québec, hier, ne laisse place à aucune confusion possible : la France a choisi clairement et fermement le camp fédéraliste.
Rompant avec la traditionnelle formule de non-ingérence et de non-indifférence, le président français, tout en vantant son amour pour le Québec, a affirmé en conférence de presse que le monde n'a pas besoin de «division, il a besoin d'unité».
«J'ai toujours été un ami du Canada, a-t-il dit. C'est quelque chose de très constant dans ma vie politique parce que le Canada est un allié de la France.»
Et à ceux qui désirent une «division supplémentaire», il réplique que «nous n'avons pas la même vision du monde».
M. Sarkozy a insisté bien davantage sur «l'amour» de la France envers le Québec, lors de son discours à l'Assemblée nationale, où il est devenu le premier président de la République française à y prendre la parole.
Ce qui ne l'a pas empêché de conclure en lançant : «Vive l'amitié entre le Canada et la France et vive la fraternité entre le peuple français et le peuple québécois!»
Devant un parterre de parlementaires, auquel s'ajoutaient trois ex-premiers ministres péquistes, Lucien Bouchard, Bernard Landry et Pierre-Marc Johnson, M. Sarkozy a décliné en plusieurs variations «l'expression d'un amour profond pour le Québec». Il a insisté sur le fait que «notre relation n'a rien à voir avec la nostalgie».
«L'amour» ne doit pas être «la détestation de l'autre», a-t-il mis en garde, sans évidemment préciser si la formule s'applique au Canada. Comme il l'avait déjà exprimé, il a présenté les Canadiens comme «nos amis» et les Québécois, comme «notre famille».
Le chef d'État ne croit pas que des menaces pèsent sur le français. Dans le Salon bleu, il a glissé que l'Hexagone a cependant «besoin du Québec dont les entreprises participent à ce combat linguistique quand nombre d'entreprises françaises choisissent l'anglais comme langue de travail». Il a tenu à signaler qu'il se préoccupe aussi des autres francophones de l'Amérique.
M. Sarkozy a profité de la tribune pour reprendre sa croisade en vue de «refonder un capitalisme plus respectueux de l'homme. (...) La Francophonie a un rôle absolument irremplaçable à jouer», a-t-il lancé. Il a évoqué le fait qu'il en fera un sujet central de discussions au Sommet, mais aussi à la rencontre qu'il aura demain avec le président des États-Unis, George W. Bush.
«Le Canada est un facteur de paix, de stabilité» , a-t-il dit plus tôt, devant le premier ministre fédéral canadien. «Il s'agit de bâtir la gouvernance mondiale du XXIe siècle, et on a besoin de pays leaders comme le Canada et le premier ministre Harper.»
Pour être certain que son message passe, M. Sarkozy s'est engagé à revenir au Canada, l'an prochain, mais dans une autre région que le Québec pour que «tout le Canada voie dans toute la France un ami, un partenaire, un allié.
«Je ne vois pas pourquoi une preuve d'amour pour le Québec, fraternelle, familiale, devrait se nourrir d'une preuve de défiance envers le Canada», a-t-il mentionné pour adoucir le coup porté aux souverainistes.
«J'ai suivi de très près toutes ces dernières années ce qui s'est passé au Québec et au Canada, de très près, a-t-il insisté, et je pense ne pas être le seul à penser ce que je viens de vous dire, a-t-il dit. Je suis pour le plus plus, pas pour le moins moins.» Pour lui, le Canada est «un pays qui, par son fédéralisme, décline un message de respect et d'ouverture».
Assis à ses côtés, le premier ministre Stephen Harper rougissait presque de cet appui inconditionnel. Il a simplement commenté que M. Sarkozy «a dit la vérité».
À l'Assemblée nationale, Jean Charest a vanté son invité. L'élection présidentielle remportée par Nicolas Sarkozy «a révélé un homme d'action, un réformateur persévérant et courageux».
Le chef du gouvernement québécois a souligné que les liens historiques découlent d'une langue commune.
Mais «l'esprit de collaboration et d'engagement» entre le Québec et la France se traduit surtout par un accord économique, un accord sur la mobilité de la main-d'oeuvre, a indiqué Jean Charest.

sakozy et le Québec...


Sarkozy et le Québec
Depuis de Gaulle, la situation a beaucoup changé. Les indépendantistes ont subi deux défaites aux référendums de 1980 et 1995.
Éditorial - Le Mondesamedi 18 octobre 2008



Sa redécouverte récente des références gaullistes n’a pas amené Nicolas Sarkozy, en visite au Québec, à mettre ses pas dans ceux du général de Gaulle. Le premier président de la Ve République avait enthousiasmé les indépendantistes et soulevé l’indignation des Canadiens fédéralistes en lançant, le 24 juillet 1967, depuis le balcon de l’hôtel de ville de Montréal, son fameux "Vive le Québec libre !".
M. Sarkozy a été plus sobre, même si, dans son discours devant l’Assemblée nationale du Québec, il a su trouver des mots personnels et chaleureux pour évoquer "la fraternité entre le peuple français et le peuple québécois". Auparavant, il avait employé, à la plus grande satisfaction de ses hôtes, un terme qui a longtemps suscité des polémiques, mais qui est maintenant accepté par les autorités fédérales canadiennes : celui de "nation québécoise".
Il était important pour le chef de l’Etat de dissiper quelques craintes. Après la fièvre pro-indépendantiste des années 1960, la politique française était revenue depuis longtemps à une position plus équilibrée. Le mot d’ordre était "ni ingérence ni indifférence". Mais M. Sarkozy avait semblé remettre en cause ce "ni-ni" qui convenait aux Québécois. Il s’en est expliqué en prônant des rapports plus étroits à la fois avec le Québec et avec le Canada.
Les deux ne sont plus incompatibles. Depuis de Gaulle, la situation a beaucoup changé. Les indépendantistes ont subi deux défaites aux référendums de 1980 et 1995. Les relations entre Paris et l’ancienne "Nouvelle-France" ont atteint une certaine maturité, dit-on maintenant à Québec, en même temps que les relations entre le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral se sont apaisées.
Le Québec et la France n’en veulent pas moins profiter de leurs liens privilégiés pour montrer l’exemple. Ainsi, M. Sarkozy et le premier ministre québécois, Jean Charest, ont signé un accord sur la mobilité de la main-d’oeuvre entre les deux pays, sans précédent en dehors de l’Union européenne. C’est une manière d’utiliser la marge de manoeuvre internationale que les Québécois se sont taillée, notamment au sein de la francophonie, sans se relancer dans des querelles institutionnelles stériles.

vendredi 17 octobre 2008

Extrait 'Bon cop, bad cop'.

Le Francais à Montréal...